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  • Plateforme agréée facturation électronique : comment choisir sans se tromper

    Plateforme agréée facturation électronique : comment choisir sans se tromper

    Choisir sa plateforme agréée facturation électronique n’a rien d’évident quand on travaille seul. Nous l’expliquions dans notre article précédent : votre seule échéance vraiment urgente est le 1er septembre 2026, date à laquelle vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques. Cela suppose d’avoir désigné une plateforme d’ici là.

    Reste à la choisir. La liste officielle publiée par la DGFiP compte plus d’une centaine de noms, et la plupart s’adressent à des grandes entreprises qui traitent des milliers de factures par mois, avec des équipes pour gérer l’intégration. Aucun tri pensé pour un consultant seul n’existe sur cette liste. C’est ce tri que nous proposons ici.

    Ce qu’est une plateforme agréée facturation électronique

    Une plateforme agréée facturation électronique est un opérateur de dématérialisation immatriculé par l’État. Cette définition vient directement du site de la DGFiP, et elle mérite d’être lue au mot près.

    La plateforme doit émettre, transmettre et recevoir vos factures au format électronique, en extraire les données utiles à l’administration, et réceptionner ainsi que transmettre les données de vos transactions et de vos paiements. Ce sont ses quatre missions.

    Pour obtenir son immatriculation, un opérateur dépose un dossier qui démontre sa conformité fiscale, la sécurité de ses infrastructures et de ses données, ainsi que son interopérabilité technique avec le Portail Public de Facturation et avec les autres plateformes. L’immatriculation définitive n’arrive qu’après la réussite de tests d’interopérabilité menés en conditions réelles. Un opérateur peut donc avoir déposé un dossier complet sans être encore pleinement accrédité.

    Trois sigles reviennent sans arrêt sur ce sujet : PA, OD et PPF. Ils ne désignent pas la même chose, et les confondre peut coûter cher au moment de choisir.

    La PA, plateforme agréée, est immatriculée par la DGFiP et peut transmettre directement vos factures et vos données au Portail Public de Facturation. C’est elle qui porte la responsabilité légale de la transmission.

    L’OD, opérateur de dématérialisation, aide à gérer vos factures mais n’est pas lui-même agréé. Il doit obligatoirement passer par une PA pour transmettre à l’administration. Un logiciel peut donc afficher un vocabulaire proche de celui d’une plateforme agréée sans en être une : vérifiez toujours ce point avant de vous engager.

    Le PPF, Portail Public de Facturation, est le service opéré par l’État lui-même. Il joue un rôle d’annuaire et de concentrateur de données. Il ne transmet pas vos factures à votre place.

    OD, PA, PPF : un seul de ces trois acronymes transmet vos factures à votre place.

    Les quatre critères qui comptent quand on travaille seul

    Les comparatifs déjà publiés sur ce sujet listent des fonctionnalités pensées pour des directions comptables. Pour un indépendant qui émet quelques dizaines de factures par mois au plus, quatre points suffisent à trancher.

    Le prix

    Un consultant qui facture peu de clients chaque mois n’a aucune raison de payer pour un volume qu’il n’atteindra jamais. Regardez si la facturation électronique est incluse dans une offre réellement gratuite, sans plafond de factures, ou si elle n’est qu’un argument d’appel avant un palier payant obligatoire.

    Abby et Indy annoncent toutes les deux une facturation électronique gratuite et illimitée dès leur offre d’entrée, relevé le 6 août 2026 sur leurs pages officielles. Chez Abby, cette gratuité concerne l’offre Basique ; les fonctions de paiement en ligne, de relance ou de connexion bancaire appartiennent à des paliers payants. Chez Indy, la facturation électronique reste gratuite quel que soit le volume, l’éditeur l’annonce comme un engagement permanent et non comme une période d’essai.

    Le format des factures

    Trois formats sont reconnus pour la facturation électronique : Factur-X, UBL et CII. Nous détaillerons leurs différences dans un prochain article. Pour un consultant seul, Factur-X est en pratique le format pertinent, car il combine un PDF lisible par un humain et des données XML structurées lisibles par une machine. UBL et CII sont plutôt taillés pour des échanges directs entre grands systèmes d’information.

    Abby comme Indy génèrent automatiquement leurs factures au format Factur-X. Vérifiez ce point pour toute autre plateforme que vous envisagez : une facture PDF classique, même bien présentée, ne suffit plus à partir de septembre 2026.

    L’intégration bancaire

    Certaines plateformes ajoutent une brique bancaire à leur offre de facturation, sous forme de connexion à votre compte existant ou de compte pro intégré. Abby propose une connexion bancaire à partir de son offre Pro. Indy propose un compte pro comme module distinct de son offre de facturation gratuite.

    La sortie des données

    C’est le critère le moins documenté par les éditeurs, et pourtant le plus engageant. Si vous changez de plateforme dans deux ou trois ans, pourrez-vous récupérer l’intégralité de votre historique de factures dans un format exploitable, ou resterez-vous dépendant de l’éditeur initial pour consulter vos archives légales sur dix ans ?

    Les plateformes agréées qui ont un sens pour un indépendant seul

    Sur la base des critères ci-dessus, deux plateformes se détachent pour un consultant qui travaille seul.

    Abby est immatriculée plateforme agréée depuis juillet 2025 selon l’éditeur. Elle combine facturation électronique gratuite, comptabilité simplifiée et déclaration Urssaf, ce qui en fait une offre centralisée pour un indépendant qui ne veut pas jongler entre plusieurs outils. Sa gratuité s’arrête dès que vous avez besoin d’encaisser en ligne, de relancer un impayé ou de connecter votre banque.

    Indy affiche plus de 400 000 indépendants utilisateurs et une gratuité annoncée comme définitive sur la facturation électronique, sans distinction de palier. L’éditeur met en avant l’absence d’intermédiaire : en tant que PA, Indy transmet directement au Portail Public de Facturation, sans dépendre d’un tiers agréé.

    D’autres plateformes agréées, Freebe et Tiime notamment, ciblent également les indépendants et méritent d’être comparées dans le même exercice. Nous les intégrons au comparatif détaillé à paraître.

    Celles à écarter, et pourquoi

    La majorité des plateformes agréées ne visent pas votre profil, et un premier signal suffit souvent à le voir : l’absence d’offre en libre-service. Si l’inscription passe obligatoirement par un commercial et un devis, la plateforme cible des comptes avec un volume de factures que vous n’atteindrez jamais.

    Une tarification calée sur le flux mérite aussi votre attention : facturation au nombre de documents transmis, avec des paliers pensés pour des centaines ou des milliers de factures mensuelles. Un consultant qui facture dix fois par mois paierait pour une capacité inutile, et ce genre d’offre l’affiche rarement de façon transparente avant la création d’un compte.

    Le piège le plus difficile à repérer reste la confusion entre solution compatible et plateforme réellement agréée. Un logiciel qui se présente comme conforme à la réforme sans jamais employer le mot immatriculation, ou sans citer son propre agrément, est probablement un opérateur de dématérialisation et non une PA. Il doit alors lui-même passer par une plateforme agréée tierce pour transmettre vos factures, ce qui ajoute un intermédiaire, un maillon de plus où une facture peut se perdre, et une dépendance supplémentaire à un acteur dont vous ne savez rien.

    Comment vérifier vous-même

    Ne prenez la parole d’aucun éditeur, y compris la nôtre, sans passer par la source.

    Ouvrez la liste des plateformes agréées sur impots.gouv.fr. Elle se présente en deux fichiers distincts : les opérateurs ayant satisfait à l’ensemble des conditions, tests d’interopérabilité inclus, et ceux ayant déposé un dossier complet mais dont l’immatriculation définitive reste conditionnée à ces mêmes tests. Cherchez le nom commercial exact de la plateforme qui vous intéresse dans le premier fichier.

    Recoupez ensuite la grille tarifaire directement sur le site de l’éditeur, pas sur un comparateur tiers, et notez la date à laquelle vous l’avez consultée : ces grilles évoluent au fil de la réforme.

    Un dernier réflexe protège des mauvaises surprises. Cherchez sur le site de l’éditeur lui-même les mots immatriculation ou plateforme agréée, employés sans détour. Un éditeur réellement agréé le revendique en toutes lettres, avec sa date d’immatriculation, plutôt que de se contenter d’un vague « conforme à la réforme 2026 » qui ne dit rien de son statut exact.

    Ce qu’il faut retenir

    Le choix de votre plateforme agréée facturation électronique repose sur les quatre critères vus plus haut : un tarif adapté à votre volume réel, un format Factur-X généré automatiquement, une intégration bancaire dont vous mesurez l’utilité réelle plutôt que le confort apparent, et une sortie de données que vous aurez vérifiée avant d’en avoir besoin.

    Abby et Indy remplissent ces critères sur le papier et proposent toutes les deux une entrée gratuite sans limite de factures. Notre prochain article ouvre un compte dans chacune, y émet la même facture, et mesure ce qui se passe réellement une fois les mains dans l’outil.


  • Facturation électronique 2026 : ce qui change vraiment pour un indépendant

    Facturation électronique 2026 : ce qui change vraiment pour un indépendant

    Le 1er septembre 2026, la facturation électronique devient obligatoire en France. Vous avez probablement reçu une dizaine de courriels sur le sujet, chacun plus alarmant que le précédent, sans savoir davantage ce que vous devez faire.

    Si vous travaillez seul, vous n’avez rien à changer à votre façon de facturer avant septembre 2027. En revanche, vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026, ce qui suppose d’avoir choisi une plateforme agréée d’ici là.

    Ce qui devient obligatoire le 1er septembre 2026

    À cette date, seule la réception vous concerne.

    Toutes les entreprises établies en France et assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, quelles que soient leur taille, leur forme juridique et leur régime d’imposition.

    Vos fournisseurs soumis à l’obligation d’émettre ne vous enverront donc plus de PDF par courriel. Ils déposeront leur facture sur leur plateforme agréée, qui la transmettra à la vôtre. Si vous n’en avez désigné aucune, la facture n’a nulle part où arriver.

    Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire doivent, elles, émettre l’intégralité de leurs factures au format électronique dès cette même date. Vos clients grands comptes basculent donc le 1er septembre, et ils s’attendront à ce que vous suiviez.

    Schéma du circuit d’une facture électronique entre un fournisseur, deux plateformes agréées et son client, avec transmission des données à la DGFiP
    Le chemin d’une facture après le 1er septembre 2026. Le PDF envoyé par courriel disparaît du circuit.

    Ce qui devient obligatoire le 1er septembre 2027

    L’obligation d’émettre arrive un an plus tard. Les petites et moyennes entreprises et les micro-entreprises devront alors émettre leurs factures au format électronique et transmettre leurs données de e-reporting à l’administration.

    Un indépendant seul entre dans cette catégorie. Vous disposez donc de douze mois de plus que les grands comptes pour changer votre façon de facturer.

    Ce délai n’est pas une permission de ne rien faire. Vous devrez de toute façon choisir une plateforme agréée avant septembre 2026 pour la réception. Autant prendre dès maintenant un outil qui saura aussi émettre, plutôt que de refaire le travail dans un an.

    Frise chronologique des deux échéances de la facturation électronique : réception en septembre 2026, émission par les micro-entreprises en septembre 2027
    Deux dates, deux obligations différentes. Seule la première vous concerne en 2026.

    Ce qui ne change pas

    Le bruit ambiant laisse croire que tout change. Plusieurs choses restent pourtant identiques.

    Vos obligations de facturation d’abord. Les délais, les mentions, les règles de TVA, la conservation : rien de tout cela n’est modifié. Ce qui change est le canal de transmission, pas le contenu de la facture.

    Vos relations avec vos clients particuliers ensuite. Si vous facturez un particulier, vous continuez à lui envoyer sa facture comme aujourd’hui. Vous transmettrez seulement les données de la transaction à l’administration via votre plateforme, ce qu’on appelle le e-reporting. Même principe pour les clients établis à l’étranger.

    Les opérations exonérées de TVA, enfin, restent hors du champ de la facturation électronique.

    Quatre nouvelles mentions sur vos factures

    Ce point passe souvent inaperçu, alors qu’il s’applique dès le 1er septembre 2026. Quatre mentions obligatoires s’ajoutent aux factures :

    • le numéro SIREN du client
    • la catégorie de l’opération, c’est-à-dire vente de biens, prestation de services, ou les deux
    • la mention de l’option pour le paiement de la TVA sur les débits, si vous l’avez choisie
    • l’adresse complète de livraison du bien, uniquement si elle diffère de l’adresse de facturation

    Un consultant qui vend des prestations intellectuelles n’est concerné que par les deux premières. Cela représente deux champs à ajouter à votre modèle de facture.

    Selon votre statut, la réponse change

    La plupart des articles s’arrêtent au discours général. Or les conséquences varient nettement d’un statut à l’autre.

    Micro-entrepreneur en franchise en base de TVA

    C’est le cas où l’on se trompe le plus.

    Vous ne facturez pas la TVA et vous n’en êtes pas redevable. Vous en concluez que la réforme ne vous concerne pas, et c’est faux.

    L’administration distingue deux notions. Être redevable de la TVA, c’est la collecter et la reverser. Être assujetti, c’est exercer une activité économique qui entre dans le champ de la taxe. La franchise en base vous dispense d’être redevable, elle ne vous retire pas la qualité d’assujetti.

    Vous êtes donc soumis à la facturation électronique, en réception comme en émission. Réception au 1er septembre 2026, émission au 1er septembre 2027.

    Entreprise individuelle, EURL ou SASU, assujetti et redevable

    Aucune ambiguïté ici. Réception obligatoire au 1er septembre 2026, émission au 1er septembre 2027.

    Si votre activité est majoritairement du B2B avec des clients français, l’essentiel de vos factures passera par les plateformes. Le e-reporting ne concernera que vos éventuels clients particuliers ou étrangers.

    Portage salarial

    Vous n’émettez pas de facture. La société de portage facture le client et vous verse un salaire. L’obligation pèse sur elle, pas sur vous.

    Ce qu’il faut avoir fait avant fin août

    Aucune de ces actions ne prend plus d’une heure.

    Choisissez d’abord votre plateforme agréée. C’est l’action structurante. La liste officielle est publiée par la DGFiP sur impots.gouv.fr et mise à jour régulièrement. Ne confondez pas une plateforme agréée avec une solution compatible : un logiciel de facturation peut être compatible sans être agréé, auquel cas il doit lui-même s’appuyer sur une plateforme agréée. Vérifiez ce que couvre exactement l’offre de votre éditeur.

    Regardez ensuite ce que fait déjà votre logiciel actuel. Si vous utilisez un outil de facturation, votre éditeur a probablement annoncé sa position. Cherchez la page dédiée sur son site plutôt que d’attendre son courriel.

    Mettez enfin à jour votre modèle de facture, en ajoutant le SIREN du client et la catégorie de l’opération. Récupérez au passage les SIREN de vos clients réguliers, ce sera fait.

    Les sanctions

    L’administration a annoncé une phase de démarrage placée sous le signe de la tolérance envers les entreprises en difficulté au 1er septembre.

    Cela ne dispense de rien. Une entreprise de bonne foi, engagée dans sa mise en conformité, ne sera pas sanctionnée pour un retard de quelques semaines. Cette annonce n’est pas un report du calendrier.

    Où trouver l’information officielle sur la facturation électronique

    Le guide pratique publié par la DGFiP répond aux questions concrètes de mise en œuvre. La liste des plateformes agréées est tenue à jour sur impots.gouv.fr. Un numéro national d’assistance, le 0 806 807 807, répond aux questions sur le calendrier et le champ d’application.

    Ce qu’il faut retenir

    Si vous travaillez seul, votre échéance pour votre propre facturation n’est pas le 1er septembre 2026 mais le 1er septembre 2027.

    En revanche, vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques dès septembre 2026, ce qui suppose d’avoir désigné une plateforme agréée. C’est la seule action réellement urgente.

    Et si vous êtes en franchise en base de TVA, ne concluez pas trop vite que rien ne vous concerne. C’est l’erreur la plus fréquente sur ce sujet.

    Reste à choisir cette plateforme. Notre article suivant trie la centaine de plateformes agréées pour ne garder que celles qui ont un sens pour un indépendant seul.